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Evêques précédents

Portraits

Portrait de Mgr Henri Piérard, M. Afr.

Jeunesse et formation

Né le 21 juin 1893 à Felenne, un village en bordure de la frontière française, dans la province de Namur en Belgique, le jeune Henri fait ses études secondaires au collège d’Alzon, tenu par les pères assomptionnistes français, à Bure. Entré dans la congrégation des Assomptionnistes, il y fait ses premiers vœux en 1912. Il enseigne quelque temps à Bure, puis au Bizet. C’est là qu’il se trouve au moment de la mobilisation générale de 1914. Il fait son service de guerre comme brancardier, en particulier sur le Front de l’Yser.

Les études de philosophie (1919–1921) à Taintignies, puis de théologie (1921–1925), le préparent au sacerdoce qu’il reçoit, à Louvain, le 26 juillet 1925. Henri Piérard enseigne ensuite pendant cinq ans au collège de Sart-les-Moines, près de Charleroi (ancien prieuré Saint-Michel) (1925–1929).

Missionnaire au Congo

Le 12 septembre 1929, un groupe de six Assomptionnistes s’embarque à Marseille pour fonder à Beni, au Kivu (Congo belge), la première mission assomptionniste en terre africaine. Henri Piérard en fait partie. Le territoire confié aux Assomptionnistes est détaché d’une vaste mission dirigée par des Missionnaires du Sacré-Cœur qui s’y trouvaient depuis 1906.

Évêque de Beni

Lorsque la mission de Beni devient sui iuris, Henri Piérard en devient le premier supérieur ecclésiastique (1934). Quatre ans plus tard, il devient vicaire apostolique du même territoire (14 juin 1938). Il est consacré évêque le 21 novembre 1938 (avec siège titulaire d’Andropolis).

Les années qui suivent voient un grand développement dans cette région du Kivu qui devient le diocèse de Beni en 1959. Une vingtaine de paroisses sont créées, ainsi que plusieurs institutions scolaires (un petit séminaire à Musienene existe depuis 1942) et un hôpital. Les mouvements laïcs sont encouragés, telle la Légion de Marie. En 1952, Henri Piérard est le fondateur d’un institut de vie religieuse, les Frères de l’Assomption, toujours actifs dans les diocèses de la région.

Démission et retour en Belgique

Henri Piérard participe aux quatre sessions du concile Vatican II (1962–1965) et présente sa démission peu après. Dans l’esprit du concile, il donne sa démission le 17 mai 1966, bien qu’il n’ait que 72 ans. Il est remplacé par Emmanuel Kataliko. À l’âge de 80 ans, il rentre définitivement en Belgique et, résidant à Korbeek-Lo, il meurt à Louvain le 5 mars 1975. Son corps repose dans le cimetière de l’abbaye de Parc à Heverlee.


Portrait de Mgr Emmanuel Kataliko

Origines et vocation

Né en 1932 dans le territoire de Lubero (partie est de la République Démocratique du Congo), Mgr Emmanuel Kataliko, archevêque du diocèse de Bukavu dans le Sud-Kivu, est l’un des plus anciens à être ordonné dans le milieu. Il est connu pour sa fidélité à l’annonce de l’Évangile.

Kataliko est né lors de la plantation des bananes appelées kasiksi en kiswahili, destinées à la fabrication de la boisson alcoolique locale. Pendant que ses parents préparaient les trous pour planter les régimes de bananes, sa mère a senti les douleurs de l’enfantement et fut conduite à l’hôpital. Au moment où son père achevait le travail, un message vint de l’hôpital annonçant la naissance d’un fils qui serait appelé « Kataliko ». Ce nom, en kinande (langue du nord-est de la RDC), signifie « enterrer ».

Né d’une famille pieuse, il reçut le nom d’Emmanuel Kataliko pour signifier que Dieu était avec eux lors de l’enterrement de leurs bananes. Cet événement fut perçu comme une prophétie pour Kataliko qui devint plus tard un fervent serviteur de Dieu. Il fut d’abord évêque du diocèse catholique de Beni-Butembo, puis archevêque de l’archidiocèse de Bukavu. Beaucoup l’ont présenté comme un homme de prière, avec une dévotion mariale assidue.

Engagement social et œuvres

Sur le plan social, Kataliko était connu comme un remarquable agent de développement. Il a réalisé de nombreuses œuvres, entre autres la construction de l’Université Catholique du Graben à Butembo, l’amélioration de l’habitat et la création de routes de desserte agricole pour relier la ville aux villages environnants.

Recherche de la paix et défense des droits

Durant les dernières années de sa vie, Kataliko ne s’est pas contenté de prier pour la fin de la guerre en RDC et en Afrique centrale ; il s’est investi dans la recherche de la paix à travers ses exhortations, ses déclarations et ses contacts avec les autorités politiques concernées. Dans sa lutte pour la justice, il a dénoncé le non-respect des droits de l’homme dans sa région et les actes criminels commis par les rebelles du Rassemblement Congolais pour la Démocratie et leurs alliés rwandais, ce qui lui valut une relégation de sept mois loin de son diocèse.

Fin de vie et héritage

Le prédécesseur de Mgr Kataliko, Mgr Christophe Munzihirwa, fut assassiné par des rebelles en pleine rue à Bukavu le 29 octobre 1996. Mgr Kataliko, lui, est mort à Rome où il avait été transféré pour des soins suite à une crise cardiaque, probablement liée aux tortures morales subies dans sa lutte contre l’occupation rwandaise à l’est de la RDC. Il a rendu l’âme le 4 octobre 2000. Sa dernière recommandation aux évêques était : « Pensez au peuple qui attend que les évêques parlent. »

Birizene Mutchindi Innocent

© Portrait historique du diocèse de Butembo-Beni – Hommage aux pasteurs fondateurs.